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Une leçon de géométrie

Aujourd’hui, on a eu une leçon de géométrie ! Et voilà la consigne :

geometry CC-BY propofatticus

Alors on a fait des cubes, des tétraèdres et plein de choses compliquées …

Après, le prof de maths (ah oui au fait, faut que je vous dise que depuis que j’ai 11 ans, je suis au collège !) a demandé : “Quel volume représente le mieux le MOOC ITyPA ?”
J’ai essayé de réfléchir et de retrouver dans mes archives ce qui pourrait m’aider à répondre à cette question. Et j’ai trouvé deux pistes pour répondre …

1 – le tétraèdre

Je suis d’abord tombé sur le tétraèdre ci-dessous.

tétraèdre pédagogique d’après Faerber

Il me semble important d’aborder cette structure par ses quatre faces :

  • La face Enseignant – Apprenant – Groupe correspond à apprendre à collaborer. L’enseignant favorise des situations de travail en groupe pour développer le potentiel de collaboration des apprenants.
  • La face Enseignant – Groupe – Savoir peut se lire comme collaborer pour apprendre. Les situations de collaboration ont pour but de manipuler le savoir pour que chaque apprenant puisse se l’approprier en confrontant sa vision à celle des autres membres du groupe.
  • La face Enseignant – Apprenant – Savoir englobe l’analyse réflexive où l’apprenant relit le vécu pour capitaliser l’expérience. Le savoir est alors plus large que le seul savoir disciplinaire, il intègre aussi les savoir-faire et savoir-être …
  • La dernière face, Apprenant – Groupe – Savoir correspond au social learning où chacun est à la fois apprenant et soutien à l’apprentissage, pair, tuteur, pour son entourage. L’enseignant n’est plus présent, il a jeté les bases de l’apprentissage tout au long de la vie (lifelong learning).

Et maintenant, quelques remarques :

a) Dans un MOOC, la relation Enseignant – Apprenant est ténue (voire inexistante). C’est la rançon de la gloire ! On ne peut pas avoir une relation privilégiée avec 1200 personnes en parallèle … Mais cela fragilise à mon avis les deux faces qui s’y appuient, à savoir l’analyse réflexive et l’apprentissage de la collaboration. Cela laisse donc les participants en autonomie dans ces domaines. Il faut espérer qu’ils sont à l’aise avec ces pratiques sinon, ils risquent de baisser les bras malgré la bonne volonté des animateurs (cela peut expliquer en partie les nombreux abandons dans les différents MOOC : le taux de réussite est de l’ordre de 7% dans les MOOC des grandes universités américaines)

b) Les ‘enseignants’ du MOOC ont choisi de faire intervenir des spécialistes pour chaque domaine abordé : les spécialistes ont le rôle de formateur et les 4 z’amis le rôle de facilitateur de la collaboration ou animateur.

c) Deux faces sont bien solides dans ce MOOC : la collaboration pour apprendre et le social learning. On est bien dans le thème de la semaine et le MOOC est une bonne piste de décollage vers ces modes d’apprentissage. Il crée le climat de bienveillance qui permet d’aller de l’avant. Encore faut-il être un tant soit peu autonome …

2 – le tore

En remontant plus loin dans les archives, je suis tombé sur ce disque, mais ça va pas, c’est pas un volume … quoi que … on pourrait peut-être le transformer …

les apprenants au centre de la formation

Les apprenants collaborent (au centre, dans le cercle bleu clair) dans un contexte disciplinaire (cercle vert foncé) puis ‘ruminent’ leurs pratiques et leurs connaissances (cercle vert clair) pour enfin partager, diffuser et exploiter leurs productions (cercle bleu foncé).

Dans le MOOC, nous  – les apprenants – sommes au milieu pour partager, communiquer et collaborer. Mais tout ça, on le fait à distance, en publiant, exploitant, relayant, enrichissant les ressources des uns ou des autres … Il y a donc un lien fort entre la collaboration centrale et le partage périphérique. Et si on referme l’extérieur du disque sur le centre, on arrive à un tore. Je fais pas le dessin parce que je ne sais pas faire, mais si quelqu’un veut s’y coller, ce sera avec plaisir …

Là encore, on a une image du social learning où tout le monde est impliqué et apporte ce qu’il est à la construction collective, avec des questions, des découvertes, des réflexions, … les unes appelant les autres, et réciproquement …

3 – Conclusion

En fait, la conclusion de cette réflexion c’est que  c’est bon et riche d’apprendre à plusieurs.  Je vous laisse en vrac quelques citations glanées ça et là :

  • Quand on cherche à avancer ensemble, on va peut être moins vite, mais on va plus loin !
  • Si tu ne sais pas, demande ! Si tu sais, partage !
  • “Pour que le social learning soit fonctionnel, chaque employé doit savoir qu’il est responsable autant de sa propre formation que de celle des autres.” (Mickael Rose)

Bon ! ben, maintenant, je vous quitte, j’ai encore quelques chamallows à finir … 😉